OPiCitations

Œuvre "Dune" : 140 résultats (sur 3388 citations)

question

Arrachez vos questions au terreau où elles ont germé et vous verrez pendre leurs racines :
D’autres questions !
Un Mentat Zensoufi.

intelligence

Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l’instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu’à force d’accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares.
Texte mentat n° 2 (dicto).

vie

Certains ne participent jamais à l’événement. La vie leur arrive tout simplement. Ils se maintiennent plus ou moins à force de persistance bornée et résistent avec rage ou violence à tout ce qui pourrait les arracher à leurs illusions dépitées de sécurité.
Alma Mavis Taraza.

vie

C’est au moment où vous croyez prendre en main les rênes de votre destin que vous risquez d’être écrasée. Agissez prudemment. Comptez avec un certain nombre de surprises. Quand on crée, il y a toujours d’autres forces à l’œuvre.
Darwi Odrade.

histoire

Ceux qui souhaitent répéter le passé devraient en premier lieu s’assurer le contrôle de l’histoire enseignée.
Coda Bene Gesserit.

avenir

Considéré d’une certaine manière, l’univers est un mouvement brownien, impossible à prédire au niveau élémentaire. Muad’Dib et son Tyran de fils refermaient la porte de la chambre d’ionisation chaque fois qu’un mouvement se manifestait.
Contes et récits de Gammu.

vie

En vous confinant dans un simple rôle d’observateur, vous passez systématiquement à côté du sens même de votre vie. L’idéal pourrait être ainsi défini : Vivez de votre mieux. La vie est un jeu dont les règles s’apprennent en y sautant à pieds joints pour être immergé jusqu’au cou sous peine d’être toujours pris au dépourvu, toujours surpris par le moindre changement de décor. Les spectateurs passifs se plaignent en gémissant que la chance est passée juste à côté d’eux. Ils refusent de voir qu’une bonne part de cette chance, c’est à eux qu’il revenait de la créer.
Darwi Odrade.

guerre

La guerre ? Il y a toujours quelque part un désir d’espace vital qui la motive.
Le Bashar Teg.

politique

La politique, c’est l’art de paraître sincère et totalement ouvert tout en dissimulant le plus possible de choses.

avenir

L’élaboration d’un choix opérationnel se produit dans un creuset d’erreurs instructives. Ainsi, l’Intelligence accepte la faillibilité. Et si les options absolues infaillibles sont impossibles à déterminer, alors l’Intelligence prend ses risques en se servant au mieux des données limitées qu’elle trouve dans une arène où les erreurs sont non seulement possibles, mais indispensables.
Darwi Odrade.

règlement

Les lois prohibitives ont tendance à renforcer ce qu’elles voudraient interdire. C’est le point sensible dont toutes les professions juridiques de l’histoire se sont servies pour assurer la stabilité de leur fonction.
Coda Bene Gesserit.

souvenir

Les souvenirs ne sont et ne doivent être que des souvenirs. Des choses qui ne sont là que pour être caressées occasionnellement dans l’évocation de joies passées. Aucune joie ne saurait être permanente. Tout n’est qu’éphémère. « Tout aura une fin, même cela » est une règle qui s’applique à la totalité de notre univers vivant.

maxime

Méfiez-vous des phrases toutes faites. Elles ne recouvrent généralement qu’une grande ignorance et peu de connaissance réelle.

éducation

Ne jamais essayer de donner à quelqu’un une leçon qu’il n’est pas capable d’absorber.

ennemi

Nous avons trop tendance à devenir pareils aux pires de nos ennemis.
Coda Bene Gesserit.

manipulation

On ne manipule pas une marionnette avec un seul fil.
Le Fouet Zensunni.

humanité

Quand j’ai entrepris de guider l’humanité sur mon Sentier d’Or, je lui ai promis une leçon dont ses morts se souviendraient. J’ai connaissance d’un schéma profond dont les humains nient l’existence dans leurs paroles tout en la confirmant dans leurs actes. Ils disent rechercher la sécurité et le calme, cet état de choses qu’ils appellent la paix. Mais en même temps qu’ils parlent, ils disséminent les graines du désordre et de la violence.
Leto II, l’Empereur-Dieu.

liberté

Recherchez la liberté et devenez esclave de vos désirs. Recherchez la discipline et trouvez votre liberté.
Coda B. G.

violence

Atrocity is recognized as such by victim and perpetrator alike, by all who learn about it at whatever remove. Atrocity has no excuse, no mitigating argument. Atrocity never balances or rectifies the past. Atrocity merely arms the future for more atrocity. It is self-perpetuating upon itself – a barbarous form of incest. Whoever commits atrocity also commits those future atrocities thus bred.
The Apocrypha of Muad’Dib.
L’atrocité est reconnue comme telle par la victime tout autant que pour celui qui la perpètre, par tous ceux qui en ont connaissance à quelque degrés que se soit. L’atrocité n’a pas d’excuses, pas de circonstances atténuantes. Jamais elle n’équilibre ni ne corrige le passé. Elle ne fait qu’armer l’avenir pour d’autres atrocités. Elle se perpétue d’elle même selon une forme barbare d’inceste. Quiconque commet une atrocité commet toutes les atrocités futures ainsi engendrées.
Les apocryphes de Muad’Dib.

quotation

Governments, if they endure, always tend increasingly toward aristocratic forms. No government in history has been known to evade this pattern. And as the aristocracy develops, government tends more and more to act exclusively in the interests of the ruling class – whether that class be hereditary royalty, oligarchs of financial empires, or entrenched bureaucracy.
Politics as Repeat Phenomenon : Bene Gesserit Training Manual
Les gouvernements lorsqu’ils durent, tendent toujours vers des formes aristocratiques. Aucun gouvernement de l’histoire n’a échappé à ce processus. Et au fur et à mesure du développement de l’aristocratie, le gouvernement a de plus en plus tendance à n’agir exclusivement que dans l’intérêt de la classe dirigeante, que celle-ci soit une royauté héréditaire, une oligarchie fondée sur des empires financiers ou une bureaucratie installée.
De la politique considérée comme un phénomène répétitif : Manuel d’entraînement Bene Gesserit

hérédité

The child who refuses to travel in the father’s harness, this is the symbol of man’s most unique capability. "I do not have to be what my father. I do not have to obey my father’s rules or even believe everything he believed. It is my strength as a human that I can make my own choices of what to believe and what not to believe, of what to be and what not to be.
Leto Atreides II : The Harq al-Ada Biography.
L’enfant qui refuse de voyager dans le harnais du père est le symbole de la suprême capacité de l’homme. "Je n’ai pas à être ce qu’a été mon père. Je n’ai pas à obéir aux règles de mon père ni même à croire à tout ce en quoi il croyait. En tant qu’humain ma force est de pouvoir faire mes propres choix, quant à ce que je crois et ce que je ne crois pas, quant à ce que je dois être et ce que je ne dois pas être".
Leto Atreides II : Biographie par Harq al-Ada.

quotation

  A beginning is the time for taking the most delicate care that the balances are correct. This every sister of the Bene Gesserit knows. To begin your study of the life of Muad’Dib, then, take care that you first place him in his time: born in the 57th year of the Padishah Emperor, Shaddam IV. And take the most special care that you locate Muad’Dib in his place: the planet Arrakis. Do not be deceived by the fact that he was born on Caladan and lived his first fifteen years there. Arrakis, the planet known as Dune, is forever his place.

—from "Manual of Muad’Dib" by the Princess Irulan
  C’est à l’heure du commencement qu’il faut tout particulièrement veiller à ce que les équilibres soient précis. Et cela, chaque sœur du Bene Gesserit le sait bien. Ainsi, pour entreprendre cette étude de la vie de Muad’Dib, il convient de le placer tout d’abord en son temps, en la cinquante-septième année de l’Empereur Padishah, Shaddam IV. Il convient aussi de bien le situer, sur la planète Arrakis. Et l’on ne devra pas se laisser abuser par le fait qu’il naquit sur Caladan et y vécut les quinze premières années de sa vie : Arrakis, la planète connue sous le nom de Dune restera sienne à jamais.

Extrait du Manuel de Muad’Dibpar la princesse Irulan.

quotation

À nouveau, il était troublé par les limitations de son pouvoir. C’était comme s’il descendait le cours du temps en passant du creux d’une vague à une crête. Parfois les vagues voisines lui révélaient ce qu’elles portaient, parfois, comme il descendait, elles le lui cachaient.

quotation

À présent, elle croira que toute attitude étrange de ma part peut s’expliquer par mon embarras. Pendant qu’elle détient la réponse, elle ne cherchera pas plus loin d’autres raisons.

silence

À quinze ans, il avait déjà appris le silence.
Extraits de Histoire de Muad’Dib enfant,par la Princesse Irulan.

point de vue

  Arrakis enseigne l’attitude du couteau : couper ce qui est incomplet et dire : « Maintenant c’est complet, car cela s’achève ici. »
Extrait de Les Dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  « As-tu déjà entendu parler de ces animaux qui se dévorent une patte pour échapper à un piège ? C’est là une astuce animale. Un humain, lui, demeurera pris au piège, il supportera la souffrance et feindra d’être mort afin de pouvoir tuer le trappeur et supprimer ainsi la menace qu’il représente pour l’espèce tout entière. »

liberté

Au-delà d’un point critique dans un espace fini, la liberté décroît comme s’accroît le nombre. Cela est aussi vrai des humains dans l’espace fini d’un écosystème planétaire que des molécules d’un gaz dans un flacon scellé. La question qui se pose pour les humains n’est pas de savoir combien d’entre eux survivront dans le système mais quel sera le genre d’existence de ceux qui survivront.
Pardot KynesPremier Planétologiste d’Arrakis.

quotation

  Cette nuit, sa perception avait été modifiée. Il voyait avec clarté et netteté tout ce qui l’entourait, les événements, les circonstances. Il se sentait incapable d’endiguer le flot d’informations qui se déversait en lui. Avec une froide précision, chaque nouvel élément s’ajoutait à sa connaissance et l’opération était localisée au centre de sa conscience. Un pouvoir de Mentat. Plus encore.

colère

Combien de fois l’homme en colère nie-t-il avec rage ce que lui souffle son moi intérieur ?
Extrait deLes Dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  Comme l’esprit se forme à l’environnement, songea-t-elle. Un axiome Bene Gesserit lui revint : « Sous l’effet d’une tension, l’esprit va dans l’une ou l’autre direction : positive ou négative, dedans ou dehors. Concevez-le comme un spectre dont les extrêmes seraient l’inconscient, négatif, et l’hyper-conscient, positif. La façon dont l’esprit réagit sous la tension est fortement influencée par l’entraînement reçu. »

logique

Deep in the human unconscious is a pervasive need for a logical universe that makes sense. But the real universe is always one step beyond logic.
Collected Sayings of Muad’Dib
Le besoin pressant d’un univers logique et cohérent est profondément ancré dans l’inconscient humain. Mais l’univers réel est toujours à un pas au-delà de la logique.
Extraits de Les Dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  Des plans dans des plans dans des plans, sans cesse, pensa Jessica. Participons-nous au plan de quelqu’un d’autre, en ce moment ?

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Dieu a créé Arrakis pour éprouver les fidèles.
Extraits de La Sagesse de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

ordre

  « Donne aussi peu d’ordres que possible, lui avait dit son père, autrefois. Dès que tu auras donné des ordres sur un sujet, tu devras sans cesse donner des ordres sur ce point. »

quotation

  « En grande partie, ce que l’on appelle religion a toujours eu une attitude inconsciemment hostile envers la vie. La véritable religion doit enseigner que la vie est pleine de joies plaisantes à l’œil de Dieu, que la connaissance sans action est vide. Tous les hommes doivent comprendre que l’enseignement de la religion par des règles est une duperie. Le seul enseignement de la religion valable est celui que l’on accepte dans le plaisir. Il est impossible de ne pas le reconnaître car il éveille en vous la certitude d’avoir toujours su ce qu’il vous apprend. »
(Appendice IIReligion de Dune)

quotation

  Est terrifiant ce qui rend un humain surhumain.

quotation

  Et l’aube apparut où Arrakis se retrouva au centre de l’univers, dans le moyeu de la roue qui allait se mettre à tourner.
Extrait deL’Éveil d’Arrakis,par la Princesse Irulan.

quotation

Et le Baron songea : L’existence est comme un bourdonnement très doux quand tant d’abeilles travaillent pour vous.

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  Et Paul avait brièvement examiné Kynes à la jumelle, notant la bouche mince et droite, le front haut. Halleck lui avait soufflé à l’oreille : « Bizarre bonhomme. Lorsqu’il parle, ses mots sont comme coupés au rasoir. Tout est net. Ses paroles n’ont pas de franges. »
  Et le Duc, derrière eux, avait ajouté : « Le genre scientifique. »

quotation

Grave cela dans ta mémoire, mon garçon : Il y a quatre choses pour supporter un monde. (Elle avait levé quatre doigts noueux.) La connaissance du sage, la justice du grand, les prières du pieux et le courage du brave. Mais tout cela n’est rien sans… (Elle avait refermé tous ses doigts en un poing.) … sans celui qui gouverne et connaît l’art de gouverner. Que ceci soit ta science ! »

quotation

  Greatness is a transitory experience. It is never consistent. It depends in part upon the myth-making imagination of humankind. The person who experiences greatness must have a feeling for the myth he is in. He must reflect what is projected upon him. And he must have a strong sense of the sardonic. This is what uncouples him from belief in his own pretensions. The sardonic is all that permits him to move within himself. Without this quality, even occasional greatness will destroy a man.
Collected Saying of Muad’Dib.
  La grandeur est une expérience passagère. Jamais elle n’est stable. Elle dépend en partie de l’imagination humaine qui crée les mythes. La personne qui connaît la grandeur doit percevoir le mythe qui l’entoure. Elle doit se montrer puissamment ironique. Ainsi elle se garde de croire en sa propre prétention. En étant ironique, elle peut se mouvoir librement en elle même. Sans cette qualité, même une grandeur occasionnelle peut détruire un homme.
Extraits de Les dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

peur

He recalled the response from the Litany against Fear as his mother had taught him out of the Bene Gesserit rite.
  "I must not fear. Fear is the mind-killer. Fear is the little-death that brings total obliteration. I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain."
Il se souvint des paroles de la Litanie contre la Peur du rituel Bene Gesserit, telles que sa mère les lui avait enseignées.
  Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

quotation

  Il baissa les yeux sur elle et, lentement, répondit : « Ne parle jamais que le langage de la vérité avec moi, ma Sihaya. (Et, comme elle s’apprêtait à répondre, il posa un doigt sur ses lèvres.) Le lien qui nous unit ne peut se rompre. Maintenant, observe avec attention car, plus tard, je désirerai voir cette salle par les yeux de ta sagesse.

quotation

  « Il convient de noter une chose à propos des écoles d’espionnage et de contre-espionnage : la similitude des réactions de base de tous ceux qui les ont fréquentées. Toute discipline fermée laisse son empreinte, son sceau sur ceux qui l’étudient. Et ceci rend possible l’analyse et la prévision. […] »

expérience

  Il devrait exister une science de la contrariété. Les gens ont besoin d’épreuves difficiles et d’oppression pour développer leurs muscles psychiques.
Extraits de Les dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  Il est trop confiant, songea-t-il. C’est un avantage naturel que je peux accepter.

quotation

  Il était guerrier et mystique, féroce et saint ; il était retors et innocent, chevaleresque, sans pitié, moins qu’un dieu, plus qu’un homme. On ne peut mesurer Muad’Dib selon les données ordinaires. Au moment de son triomphe, il devina que la mort le guettait et accepta pourtant la traîtrise. Peut-on dire qu’il le fit pour obéir à son sens de la justice ? Quelle justice, en ce cas ? Car, souvenez-vous bien : nous parlons du Muad’Dib qui revêtit ses tambours de la peau de ses ennemis, qui rejeta toutes les conventions de son passé ducal en déclarant simplement : « Je suis le Kwisatz Haderach. Cette raison me suffit. »
Extrait deL’Éveil d’Arrakis,par la Princesse Irulan.

quotation

Il faut que le peuple sache que je gouverne bien. Et comment le saurait-il si nous ne lui disions pas ? »

père

« Il n’est probablement pas de révélation plus terrible que l’instant où vous découvrez que votre père est un homme… fait de chair. »
Extrait de Les dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  J’aimais mon père, se dit-il, sachant bien que c’était vrai. Je devrais le pleurer. Je devrais ressentir quelque chose.
  Mais il ne ressentait rien. Il pensait seulement : Voilà un fait important.

quotation

  « Je crois qu’elle est devenue furieuse. Elle m’a dit à ce moment que le mystère de la vie n’était pas un problème à résoudre mais une réalité à vivre. Je lui ai cité alors la Première Loi du Mentat : On ne peut comprendre un processus en l’interrompant. La compréhension doit rejoindre le cheminement du processus et cheminer avec lui. Elle a paru satisfaite alors. »

quotation

  « Je me suis toujours flatté de voir les choses telles qu’elles sont réellement, disait Thufir Hawat. C’est la malédiction du Mentat. Il ne peut jamais s’empêcher d’analyser. »

quotation

  Je rêve, se dit Paul. C’est ce repas d’épice.
  Pourtant, il éprouvait encore une impression d’abandon. Il se demanda s’il était possible que son esprit-ruh ait basculé dans ce monde auquel, selon les Fremen, il appartenait vraiment, l’alam al-Mithal, le monde des similitudes, le domaine métaphysique où toutes les limitations physiques étaient annihilées. Et, à la pensée d’un tel monde, il éprouvait de la peur, car la disparition de toute limitation signifiait la disparition de tout point de référence. Dans ce paysage de mythe, il ne pouvait s’orienter et dire : « Je suis parce que je suis ici. »

quotation

  « Je te jure, dit-il, que tu n’as besoin d’aucun titre. cette femme, là-bas, sera mon épouse et tu ne seras qu’une concubine parce que ceci est une affaire politique et que nous devons conclure la paix et rallier les Grandes Maisons du Landsraad. Il faut obéir aux usages. Mais cette princesse n’aura de moi que mon nom. Elle n’aura nul enfant, nul geste, nul regard, nul instant de désir. »
  « Tu dis cela maintenant », dit Chani. Et, par-delà la salle, elle contempla la princesse aux cheveux dorés.
  « Connais-tu si peux mon fils ? murmura Jessica. Vois donc cette princesse, là-bas, si hautaine. On dit qu’elle a des prétentions littéraires. Espérons que cela remplit son existence car elle n’aura que peu de choses en dehors. (Un rire amer lui échappa.) Pense à cela, Chani, pense à cette princesse qui portera le nom mais qui sera moins qu’une concubine, qui ne connaîtra jamais un instant de tendresse avec l’homme auquel elle est liée. Alors que nous, Chani, nous que l’on nomme concubine… l’Histoire nous appellera : épouses. »

quotation

  « La drogue est dangereuse, mais elle donne un pouvoir véritable. Par elle, une Diseuse de Vérité peut visiter bien des lieux dans sa mémoire… dans la mémoire de son corps. Elle peut se pencher sur maintes avenues du passé… mais seulement sur des avenues féminines. (La voix de la vieille femme se chargea d’une note de tristesse.) Pourtant, il est un lieu que nulle Diseuse ne peut visiter. Un lieu qui nous repousse, nous terrifie. Mais il est dit qu’un homme viendra un jour qui, avec la grâce de la drogue, verra avec son œil intérieur, qu’il verra, comme aucune d’entre nous n’a pu le faire, dans tous les passés, masculins et féminins. »
  « Votre Kwisatz Haderach ? »
  « Oui, celui qui peut être en plusieurs endroits en même temps. Le Kwisatz Haderach. Bien des hommes ont essayé la drogue… Bien des hommes. Aucun n’a jamais réussi. »
  « Ils ont essayé et ils ont échoué ? Tous ? »
  « Oh, non ! (Elle secoua la tête.) Ils ont essayé et ils sont morts. »

incertitude

  Le but terrible !
  Il le percevait. Cette conscience raciale à laquelle il ne pouvait se soustraire. L’afflux de la connaissance ; la perception précise, froide et claire. Il se laissa aller sur le sol, le dos contre le rocher, abandonnant toute résistance. Et il fut dans cette strate hors du temps où il pouvait voir le temps, reconnaître les chemins ouverts devant lui, prendre les vents de l’avenir… et ceux du passé, visions borgnes du passé, du présent et de l’avenir formant une image triple qui lui permettait d’observer le temps devenant espace.
  Il existait un danger, il le savait. Il pouvait aller trop loin. Il lui fallait se maintenir dans la perception du présent, sentir la déflexion floue de l’expérience, le flux du moment, la continuelle solidification du ce-qui-est dans le perpétuel-était.
  […]
  Il comprit que sa prescience était une illumination qui recouvrait les limites de ce qu’elle lui révélait. Tout à la fois source de précision et d’erreur significative. Une sorte de principe d’incertitude d’Heisenberg intervenait ici : la dépense d’énergie qui lui révélait ce qu’il voyait le modifiait en même temps.
  Et ce qu’il voyait était le nexus temporel de cette caverne, un bouillonnement de possibilités au sein duquel la plus infime action (clignement de paupière, mot irréfléchi, grain de sable mal placé) était répercutée sur un levier gigantesque qui agissait sur tout l’univers connu. La violence était présente dans un tel nombre de variables que le moindre mouvement suscitait d’immenses modifications du schéma.
  Ce qu’il voyait l’incitait à se figer en une immobilité totale, mais ceci, également, était une action avec ses conséquences.

quotation

Le commencement est toujours un moment délicat. Nous sommes en l’an dix mille cent quatre-vingt onze. L’univers est dirigé par l’Empereur Padisha Shaddam IV, mon père. La substance la plus précieuse de l’univers est le Mélange, une épice gériatrique. L’épice prolonge la vie. L’épice accroît la conscience. L’épice est vitale pour les voyages spatiaux. La Guilde Spatiale et ses Navigateurs, que l’épice a fait muter en 4000 ans, utilisent le gaz d’épice orange qui leur permet de plier l’espace et d’atteindre n’importe quel point de l’univers sans bouger. Oh, j’allais oublier un détail. On ne trouve l’épice que sur une seule planète. Une planète aride, couverte de vastes déserts. Ses rochers abritent un peuple appelé les Fremens ; ils attendent depuis des siècles l’arrivée d’un Messie qui les conduirait à la vraie liberté. Cette planète, c’est Arrakis, qu’on appelle aussi "Dune".

progrès

  Le concept de progrès agit comme un mécanisme de protection destiné à nous isoler des terreurs de l’avenir.
Extraits de Les Dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  « Le sentiment de culpabilité commence comme un doute », lui rappela-t-il.

désir

  Les fremen avaient au degré suprême cette qualité que les anciens appelaient le « spannungs-bogen » et qui est le délai que l’on s’impose soi-même entre le désir que l’on éprouve pour une chose et le geste que l’on fait pour se l’approprier.
Extrait de La Sagesse de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  « Les hommes ont autrefois confié la pensée aux machines dans l’espoir de se libérer ainsi. Mais cela permit seulement à d’autres hommes de les réduire en esclavage, avec l’aide des machines. »
  « Tu ne feras point de machine à l’esprit de l’homme semblable », cita Paul.
  « Oui, c’est ce que disent le Jihad Butlérien et la Bible Catholique Orange. Mais l’un comme l’autre devraient dire en vérité : Tu ne feras point de machine qui contrefasse l’esprit humain. As-tu étudié le Mentat de votre Maison ? »
  « J’ai étudié avec Thufir Hawat. »
  « La Grande Révolte nous a débarrassés de nos béquilles en obligeant l’esprit humain à se développer. On créa alors des écoles afin d’accroître les talents humains. »
  « Les écoles Bene Gesserit ? »
  Elle acquiesça. « Deux grandes écoles ont survécu : Bene Gesserit et la Guilde Spatiale. La Guilde, c’est du moins ce que nous pensons, incline plutôt à développer les mathématiques pures. La fonction du Bene Gesserit est tout autre. »
  « La politique ! », lança Paul.
  « Kull Wahad ! » s’exclama la Révérende Mère. Et elle se tourna vers Jessica avec un regard dur.
  « Je ne lui ai rien dit, Votre Révérence », fit la mère de Paul.
  La vieille femme reporta alors son attention sur le garçon. « Tu as déduit cela à partir de bien peu. Mais il est exact qu’il s’agit de la politique. À l’origine, l’école Bene Gesserit était dirigée par ceux qui estimaient nécessaire l’existence d’un lien de continuité dans les affaires humaines. Ils virent que cette continuité ne pouvait exister sans que l’on séparât l’humain de l’animal… dans le but de faciliter la sélection. »
  Abruptement, pour Paul, les paroles de la Révérende Mère perdirent cette netteté qu’elles avaient eue jusqu’alors. C’était comme si l’on s’attaquait soudain à ce que sa mère appelait son instinct de rectitude. Non pas que la Révérende Mère lui mentît. Il était évident qu’elle était sincère. Mais, plus profondément, il avait décelé quelque chose, quelque chose qui était lié au but terrible de l’épreuve.

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Les mains bougent, les lèvres bougent,
Les idées surgissent de ses paroles,
Et son regard est dévorant !
Il est une île sur lui seul close.
Description extraitedu Manuel de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

quotation

  L’esprit continue de fonctionner quoi que nous fassions pour l’en empêcher, se dit-elle.

quotation

  Mais aussi, il pouvait regarder devant lui, dans toutes les directions. Et c’était là le plus terrifiant.
  Je suis un monstre ! pensa-t-il. Une anomalie !
  Puis : Non ! Non ! Non ! NON !
  Ses poings frappaient le sol de la tente. Et, implacable, cette fraction de son être qui poursuivait ses fonctions, enregistra sa réaction comme un intéressant phénomène émotionnel et l’intégra aux autres facteurs.

réflexion

Mentat : classe de citoyens de l’Imperium formés à la logique la plus poussée. Appelés « ordinateurs humains ».

vérité

  Mon père me dit une fois que le respect de la vérité est presque le fondement de toute morale. « Rien ne saurait sortir de rien », disait-il. Et cela apparaît certes comme une pensée profonde si l’on conçoit à quel point « la vérité » peut être instable.
Extrait de Conversations avec Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

avenir

  Muad’Dib pouvait, certes, voir l’avenir, mais il faut connaître les limitations de ses pouvoirs. Pensez à la vue. Vous avez des yeux mais ils ne peuvent voir sans lumière. Au fond d’une vallée, vous ne pourrez voir ce qui se trouve au-delà de la vallée. De la même manière, Muad’Dib n’avait pas toujours la possibilité de contempler ce terrain mystérieux de l’avenir. Il nous dit qu’un détail obscur d’une prophétie, tel mot choisi au lieu et place d’un autre, pouvait modifier totalement l’aspect de cet avenir. Il nous dit : « La vision du temps est vaste mais lorsque vous la traversez, le temps devient une porte étroite. » Et il luttait toujours contre la tentation d’emprunter les voies dégagées, sûres, disant : « Ce chemin n’aboutit qu’à la stagnation. »
Extrait de L’Éveil d’Arrakis,par la Princesse Irulan.

éducation

Muad’Dib : « Si un enfant, une personne non éduquée, ignorante ou folle provoque des troubles, la faute en incombe à l’autorité qui n’a pas su prévoir et prévenir ces troubles. »

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  « Paul, dit-elle, il y a d’autres moments d’éveil dans l’univers. Je comprends soudain à quel point je t’ai manipulé, transformé pour te faire suivre la voie que j’avais choisie… que je devais choisir (si cela peut être une excuse) par mon éducation. (Elle se tut une seconde, la gorge nouée puis reprit, en regardant son fils droit dans les yeux :) Paul… je veux que tu fasses quelque chose pour moi : choisis la voie du bonheur. Ta femme du désert, épouse-la si tel est ton désir. Pour cela, défie n’importe qui, n’importe quoi. Mais choisis ta propre voie. Je… »

écologie

  « Pour le planétologiste au travail, les êtres humains constituent l’outil le plus important, dit son père. Il faut cultiver la connaissance de l’écologie chez les gens.

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  […] Pourtant, il est possible de discerner un péril dans la découverte de la perfection ultime. Il est clair que le schéma ultime contient sa propre fixité. Dans cette perfection, toute chose s’en va vers sa mort.
Extrait de Les dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

avenir

  Prophétie et prescience. Comment les soumettre à l’examen, face aux questions restées sans réponse ? Par exemple : Dans quelle mesure la « Vague » (l’image-vision, ainsi que la désignait Muad’Dib) constitue-t-elle une prédiction véritable et dans quelle mesure le prophète façonne-t-il l’avenir afin qu’il corresponde à la prophétie ? Et qu’en est-il des harmoniques inhérents à l’acte de prophétie ? Le prophète voit-il l’avenir ou seulement une ligne de rupture, une faille, un clivage dont il peut venir à bout par des mots, des décisions ainsi qu’un tailleur de diamant façonnant une gemme d’un coup de son outil ?
Réflexions personnelles sur Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

objectivité

Puis elle songea : L’espérance ternit l’observation, et elle étouffa l’excitation qu’elle ressentait.

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  Quand la loi et le devoir ne font qu’un sous la religion, nul n’est plus vraiment conscient. Alors, on est toujours un peu moins qu’un individu.
Extrait de Muad’DibLes Quatre-vingt-dix-neuf Merveilles de l’Univers,par la Princesse Irulan.

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  Qu’avait Dame Jessica pour la soutenir à l’instant de son procès ? Réfléchissez sur ce proverbe Bene Gesserit et peut-être verrez-vous « Chaque route que l’on suit exactement jusqu’au bout ne conduit exactement à rien. Escaladez la montagne pour voir si c’est bien une montagne. Quand vous serez au sommet de la montagne, vous ne pourrez plus voir la montagne. »
Extrait deMuad’Dib, commentaires de famille,par la Princesse Irulan.

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  « Que diriez-vous de vivre des milliards et des milliards d’existences ? demanda Paul. Quel réservoir de légendes ! Pensez à toutes les expériences, à toute la sagesse qu’il peut en résulter. Mais la sagesse atténue l’amour, n’est-ce pas ? Et elle donne une forme nouvelle à la haine… Comment savoir ce qui est impitoyable si l’on n’a pas exploré les tréfonds de la cruauté comme ceux de la bonté ? Vous devriez me redouter, Mère. Je suis, le Kwisatz Haderach. »

caractère

Que méprisez-vous ? Par cela, on vous connaît vraiment.
Extrait du Manuel de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

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  « Sans nul doute. Mais si tu devais former des hommes durs, puissants, féroces, quel cadre choisirais-tu ? »
  « Comment s’assurer la loyauté de tels hommes ? »
  « Il existe des moyens qui ont fait leurs preuves : jouer sur une certaine conscience de supériorité, sur la mystique des serments secrets, sur la souffrance partagée en commun. Tous ces moyens réussissent. Cela a été prouvé bien des fois, sur bien des mondes. »

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« Si Alia est source d’ennuis, la faute en revient à l’autorité qui n’a pas su prévoir et prévenir ces ennuis. »

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Sihaya : terme fremen désignant le printemps du désert avec des implications religieuses sur la fécondité et « le paradis à venir ».

vœu

  « Si les vœux étaient des poissons, murmura-t-il, nous lancerions tous des filets. »

vie

Sirat : passage de la Bible C. O. qui décrit la vie humaine comme le passage sur un pont étroit (le Sirat) avec « le Paradis sur ma droite, l’Enfer sur ma gauche, et l’Ange de la Mort derrière moi ».

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  Tenter de comprendre Muad’Dib sans comprendre ses ennemis mortels, les Harkonnens, c’est tenter de voir la Vérité sans connaître le Mensonge. C’est tenter de voir la Lumière sans connaître les Ténèbres. Cela ne peut être.
Extrait du Manuel de Muad’Dibpar la Princesse Irulan.

violence

There is no escape – we pay for the violence of our ancestors.
Collected Sayings of Muad’Dib.
  « Il n’y a pas d’issue – nous payons la violence de nos ancêtres. »
Extraits de Les dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

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« Thufir, je voudrais que vous considériez la part de vos émotions personnelles qui participent à ceci. L’humain naturel est un animal dépourvu de logique. Votre projection de la logique dans tous les problèmes n’est pas naturelle mais elle persiste à cause de son utilité. Vous êtes la personnalisation de la logique, vous êtes un Mentat. Pourtant, vos solutions sont des concepts qui, d’une manière très réelle, sont projetés hors de vous et qui demandent à être étudiés, inspectés, examinés sous tous les angles. »

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Tous ces visages bavards l’écœuraient soudain. Ce n’étaient que des masques dérisoires appliqués sur des pensées infectes et les voix essayaient en vain de dominer le profond silence qui régnait dans chaque poitrine.

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  Un bavard, songea Paul. Autre faiblesse. Le silence le met mal à l’aise.

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Un chef, voyez-vous, est-ce qui fait la différence entre un troupeau et un peuple. C’est le chef qui maintient le statut des individus. Trop peu d’individus, et le peuple redevient un troupeau. »

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  Voici le moment terrible, se dit-elle. Il a tué un homme grâce à la supériorité évidente de ses muscles et de son esprit. Il ne faut pas qu’il grandisse en s’en réjouissant.

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« Vous dites que je suis peut-être le Kwisatz Haderach. Qu’est-ce donc là ? Un gom jabbar humain ? »

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« Yueh ! Yueh ! Yueh ! dit le refrain. Un million de morts, ce n’est pas assez pour Yueh ! »
Extrait de Histoire de Muad’Dib enfant,par la princesse Irulan.

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  « Ah, silence ! cria Scytale. On ne peut arrêter une épidémie mentale. D’un être à l’autre, elle s’étend très vite sur des parsecs et des parsecs d’espace. Elle est contagieuse et dévastatrice. Elle frappe aux points faibles, là où sont relégués les fragments d’autres épidémies semblables. Qui pourrait l’arrêter ? Muad’Dib ne possède pas l’antidote. Et les racines de cette maladie plongent jusqu’au chaos… Quels ordres pourraient arriver jusque-là ? »

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  « Ainsi tu n’as rien vu », dit Chani.
  Cet avenir qui ne lui était accessible qu’au prix d’un effort qui suçait sa vie, que pourrait-il lui révéler, sinon le chagrin ?

empire

  Ce n’est pas à leur création que les Empires souffrent de ne pas avoir de but, mais plus tard, lorsqu’ils sont fermement établis et que les objectifs sont oubliés et remplacés par des rites sans fondements.
Extrait de Les Dits de Muad’Dib,par la Princesse Irulan.

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  « Certains, reprit Scytale, prétendent que les peuples s’en tiennent à un gouvernement impérial parce que l’espace est infini. Sans un symbole d’unité, ils seraient gagnés par une impression de solitude. Pour ceux qui sont seuls, l’Empereur constitue un lieu sûr, défini. Ils peuvent se tourner vers lui et dire : « Le voici. Il est bien là. À lui seul, il est nous. » Peut-être, après tout, les religions obéissent-elles au même sentiment, Mon Seigneur. »

humanité

  Chaque civilisation doit affronter une force inconsciente susceptible d’annuler, de dévier ou de contrarier presque toute intention consciente de la collectivité.
Théorème tleilaxu (non vérifié).

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Comme il était facile de prendre un raisonnement clair pour un raisonnement correct !

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Dans la vision, on traversait une zone de ténèbres où l’on ne pouvait distinguer la réalité de l’accident insubstantiel. On éprouvait la soif d’absolus qui jamais ne seraient.
  Éprouver semblable soif, c’était perdre le présent.

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D’après une estimation statistique modérée, je dois avoir tué soixante et un milliards de personnes, stérilisé quatre-vingt-dix planètes et totalement démoralisé cinq cents autres. J’ai également exterminé les fidèles de quelque quarante religions qui existaient depuis… »
  « Des infidèles ! clama Korba. Tous des infidèles ! »
  « Non ! dit Paul. J’ai dit : des fidèles ! »
  « Mon Seigneur fait sans doute là quelque plaisanterie, insista le qizara d’une voix tremblante. Le Jihad a ramené plus de dix mille mondes dans la flamboyante clarté de… »
  « Dans les ténèbres… Il faudra des centaines de générations pour que l’univers se remette du passage du Jihad de Muad’Dib. Il m’est difficile d’imaginer qu’il se trouvera un jour quelqu’un pour aller plus loin que moi. » Il eut un rire rauque.
  « Qu’est-ce qui provoque la joie de Muad’Dib ? » demanda Stilgar.
  « Ce n’est pas de la joie, Stil. Je viens soudain d’avoir la vision de l’Empereur Hitler faisant une déclaration presque similaire. Il l’a faite, sans aucun doute. »
  « Jamais personne n’a eu votre pouvoir, dit Korba. Qui donc oserait vous défier ? Vos légions contrôlent tout l’univers connu et… »
  « Les légions contrôlent, dit Paul. Je me demande si elles s’en doutent. »
  « Mais vous contrôlez vos légions, Sire », intervint Stilgar, et son ton révélait qu’il prenait maintenant conscience de sa propre position dans cette chaîne de pouvoirs successifs. Il savait que la puissance qu’il avait entre ses mains était immense.