OPiCitations

10 citations choisies aléatoirement.
La première réaction d’un animal frustré est généralement d’essayer avec plus de force d’atteindre son but. Par exemple une poule affamée (Gallus domesticus), empêchée d’obtenir sa nourriture par une clôture en fil de fer, tentera avec des efforts de plus en plus frénétiques de passer au travers de cette clôture. Peu à peu, cependant, ce comportement sera remplacé par un autre, apparemment sans objet. Ainsi les pigeons (Colomba livia) becquettent fréquemment le sol lorsqu’ils ne peuvent obtenir la nourriture convoitée, alors même que le sol ne comporte aucun objet comestible. Non seulement ils se livrent à ce becquetage indiscriminé, mais ils en viennent fréquemment à lisser leurs ailes ; un tel comportement hors de propos, fréquent dans les situations qui impliquent une frustration ou un conflit, est appelé activité de substitution. Début 1986, peu après avoir atteint l’âge de trente ans, Bruno commença à écrire.
Quand des flatteurs s’assemblent, le diable part dîner en ville.
Les sociétés animales fonctionnent pratiquement toutes sur un système de dominance lié à la force relative de leurs membres. Ce système se caractérise par une hiérarchie stricte : le male le plus fort du groupe est appelé l’animal alpha ; celui-ci est suivi du second en force, l’animal bêta, et ainsi de suite jusqu’à l’animal le moins élevé dans la hiérarchie, appelé animal oméga. Les positions hiérarchiques sont généralement déterminées par des rituels de combat ; les animaux de rang bas tentent d’améliorer leur statut en provoquant les animaux de rang plus élevé, sachant qu’en cas de victoire ils amélioreront leur position. Un rang élevé s’accompagne de certains privilèges : se nourrir en premier, copuler avec les femelles du groupe. Cependant, l’animal le plus faible est en général en mesure d’éviter le combat par l’adoption d’une posture de soumission (accroupissement, présentation de l’anus). Bruno se trouvait dans une situation moins favorable. La brutalité et la domination, générales dans les sociétés animales, s’accompagnent déjà chez le chimpanzé (Pan troglodytes) d’actes de cruauté gratuite accomplis à l’encontre de l’animal le plus faible. Cette tendance atteint son comble chez les sociétés humaines primitives, et dans les sociétés développés chez l’enfant et l’adolescent jeune. Plus tard apparaît la pitié, ou identification aux souffrances d’autrui ; cette pitié est rapidement systématisée sous forme de loi morale.

société

Après chaque conversation, dont le raffinement indique à lui seul le niveau d’une civilisation, pourquoi est-il impossible de ne pas regretter le Sahara et de ne pas envier les plantes ou les monologues infinis de la zoologie ?

humour

  — Vous croyez trop à l’humour, dit-il. L’humour est une façon bourgeoise de défendre son confort et de ne rien changer aux réalités blessantes qui vous entourent. Je ne comprends d’ailleurs pas les écorchés : comment se fait-il encore qu’ils aient eu une peau avant ? L’ironie, l’humour, la dérision est une manière de se dérober à vos responsabilités sociales. C’est antimarxiste.

mort

Tant que l’homme sera mortel, il ne pourra pas être vraiment décontracté.

déterminisme

Tu crois au dieu qui joue aux dés, et moi à la seule valeur des lois.
Lettre à Max Born.

paranoïa

Après coup un paranoïaque était un devin.

machisme

Dès qu’un homme se met à me parler « femmes », au pluriel, sur un ton de complicité masculine entre connaisseurs de viande sur pied, je ressens à son égard une montée de haine presque raciste. Et j’ai toujours eu horreur de ces racolages confidentiels qui impliquent la fréquentation des mêmes bas-fonds psychologiques.
Ce qui me surprend tout le temps, c’est le défaut d’écoute analytique des gens par rapport à leur propre discours. C’est-à-dire que quand il y a une fille qui te dit : Ah, moi ce que j’aime pas c’est les petites souris parce qu’elles marchent bizarrement, si on a un minimum de bon sens, on entend Ah moi ! Je ne m’aime pas parce que je suis une souris. Et quand un mec te dit Ah ouais, t’as peur des grosses bêtes ? Et puis après Ouais, ouais, mais bon si ça avait été un serpent, enfin… Que des trucs ahurissants où ils font pas d’analyse. Ils pensent pas petite souris petite femme, ils pensent pas serpent bite, ils pensent pas à ça dans leur tête. Et c’est très gênant quand même cette absence de l’inconscient dans leur conscience. C’est là que je me dis que la psychanalyse va advenir. Les gens vont arriver.