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Auteur "Friedrich Nietzsche" : 70 résultats (sur 3397 citations)

quotation

131.  Corriger la pensée. — Corriger le style — c’est corriger la pensée et rien de plus ! — Celui qui n’en convient pas du premier coup ne pourra jamais en être persuadé.

travail

173.  Les louangeurs du travail. — Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours de la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et d’un intérêt général : l’arrière-pensée de la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail — c’est-à-dire de cette dure activité du matin au soir — que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des convoitises, des envies d’indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, il retire cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l’on travaille sans cesse durement, jouira d’une plus grande sécurité : et c’est la sécurité que l’on adore maintenant comme divinité suprême. — Et voici (ô épouvante !) que c’est justement le « travailleur » qui est devenu dangereux ! Les « individus dangereux » fourmillent ! Et derrière eux il y a le danger des dangers — l’individuum !

idée

À celui qui a beaucoup réfléchi, toute idée nouvelle, qu’il l’entende ou qu’il la lise, apparaît immédiatement sous forme de chaîne.

vérité

AVENIR DE LA SCIENCE. – La science donne à celui qui y consacre son travail et ses recherches beaucoup de satisfaction, à celui qui en apprend les résultats, fort peu. Mais, puisque peu à peu toutes les vérités importantes de la science deviennent ordinaires et communes, même ce peu de satisfaction cesse d’exister : de même que nous avons depuis longtemps cessé de prendre plaisir à connaître l’admirable Deux fois deux font quatre. Or, si la science procure par elle-même toujours moins de plaisir, et en ôte toujours davantage en rendant suspects la métaphysique, la religion et l’art consolateurs, il en résulte que cette grande source du plaisir se tarit, à laquelle l’homme doit presque toute son humanité. C’est pourquoi une culture supérieure doit donner à l’homme un cerveau double, quelque chose comme deux compartiments du cerveau pour sentir, d’un côté, la science, de l’autre, ce qui n’est pas la science : existant côte à côte, sans confusion, séparables, étanches : c’est là une condition de santé. Dans un domaine est la source de force, dans l’autre le régulateur : les illusions, les préjugés, les passions doivent servir à échauffer, l’aide de la science qui connaît doit servir à éviter les conséquences mauvaises et dangereuses d’une surexcitation. Si l’on ne satisfait point à cette condition de la culture supérieure, on peut prédire presque avec certitude le cours ultérieur de l’évolution humaine : l’intérêt pris à la vérité cessera à mesure qu’elle garantira moins de plaisir ; parce qu’il s’y attache du plaisir, l’illusion, l’erreur, la fantaisie reconquerront pas à pas leur territoire auparavant occupé : la ruine des sciences, la rechute dans la barbarie en seront la conséquence prochaine ; de nouveau, l’humanité devra recommencer à tisser sa toile, après l’avoir, comme Pénélope, détruite pendant la nuit. Mais qui nous garantit qu’elle en retrouvera toujours la force ?

quotation

Car les hommes ne sont pas pareils et égaux : ainsi parle la justice. Et ce que moi je veux, eux ne devraient pas le vouloir !

maxime

  Celui qui écrit avec du sang et en aphorismes, celui-là ne veut pas être lu mais être appris par cœur.
  Dans la montagne le plus court chemin va de cime en cime mais pour cela il te faut avoir de longues jambes. Les proverbes doivent être des cimes : et ceux à qui on les adresse doivent être grands et élancés.

quotation

Ce monde, un monstre de force, sans début, sans fin, une grandeur de force à la solidité d’airain […]. Ce monde est la volonté de puissance – et rien en dehors de cela !

évolution

Ce n’est pas seulement la raison millénaire qui se manifeste en nous mais aussi la folie millénaire. Il est dangereux d’être héritier.

sens

Ce n’est qu’en tant que phénomène esthétique que l’existence et le monde, éternellement, se justifient.

mensonge

Ce qui me bouleverse, ce n’est pas que tu m’aies menti, c’est que désormais je ne pourrai plus te croire.

quotation

Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort.
(Traduction d’Henri Albert)
Ce qui ne me tue pas me fortifie.
(Traduction de Patrick Wotling)

amour

Ce qui se fait par amour se fait toujours par-delà le bien et le mal.

quotation

Certaines âmes, on ne les découvrira jamais, à moins qu’on ne les invente d’abord.

vertu

C’est de nos vertus que nous sommes les mieux punis.

femme

Cette femme est belle et intelligente : hélas, combien elle serait devenue plus intelligente si elle n’était pas belle.

quotation

Cette vie […] tu devras la vivre encore une fois et d’innombrables fois […]. L’éternel sablier de l’existence ne cesse d’être renversé à nouveau – et toi avec lui, ô grain de poussière de la poussière.

corruption

Corruption - ce n’est là qu’un terme injurieux pour les temps d’automne d’un peuple.

quotation

Dans toute morale ascétique, l’homme vénère une partie de lui-même en tant que Dieu et, pour cela, il diabolise l’autre partie de lui.

Dieu

Dieu est une conjecture ; mais moi je veux que vos conjectures n’aillent pas plus loin que votre volonté créatrice.

caractère

Du pays des anthropophages. — Dans la solitude le solitaire se ronge le cœur ; dans la multitude c’est la foule qui le lui ronge. Choisis donc !

vérité

En l’occurrence, les hommes fuient moins le mensonge que le préjudice provoqué par un mensonge. […] C’est seulement dans ce sens ainsi restreint que l’homme veut la vérité. Il désire les suites favorables de la vérité, celles qui conservent l’existence ; mais il est indifférent à l’égard de la connaissance pure et sans conséquence, et il est même hostile aux vérités qui peuvent être préjudiciables ou destructrices.

caractère

Esprit de contradiction, fredaines, méfiance joyeuse, raillerie sont signes de santé ; toute forme d’absolu relève de la pathologie.

quotation

  Et en parlant à tous, je ne parlai à personne.

quotation

  Et que soit perdue la journée où l’on n’ait pas dansé une seule fois !
  Et que soit fausse pour nous chaque vérité auprès de laquelle il n’y ait pas eu au moins un éclat de rire.

pouvoir

Et s’ils s’appellent eux-mêmes « les bons et les justes », n’oubliez pas que pour être des pharisiens il ne leur manque qu’une seule chose, – le pouvoir !

sujet

Et si nous voulions parler du moi ! Le moi est devenu une légende, une fiction, un jeu de mots : cela a tout à fait cessé de penser, de sentir et de vouloir !…

monomanie

Il ne cessait désormais de se voir comme l’auteur d’une seule action. Ceci, je le nomme folie : l’exception chez lui, est devenue son être, elle s’est muée en son essence.

musique

Je ne peux pas faire de différence entre les larmes et la musique.

quotation

Je suis un parapet le long du fleuve : que me saisisse celui qui peut me saisir ! Mais je ne suis pas votre béquille.

paradis

Je vous en conjure, mes frères, restez fidèles à la terre et ne croyez pas ceux qui vous parlent d’espérances supraterrestres ! Ce sont des empoisonneurs qu’ils le sachent ou non.

quotation

Je vous le dis, pour pouvoir engendrer une étoile qui danse, il faut en soi-même encore avoir quelque chaos.

débauche

La mère de la débauche n’est pas la joie mais l’absence de joie.

musique

La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elles-mêmes.

art

L’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la vérité.

vertu

La vertu, – c’est de se tenir tranquille dans son marécage.

châtiment

« Le châtiment a pour but d’améliorer celui qui châtie » – c’est le dernier argument des défenseurs du châtiment.

quotation

Le désert grandit : malheur à celui qui recèle le désert !

compassion

Le fourreau doré de la compassion cache parfois le poignard de l’envie.

quotation

Les partisans d’un grand homme ont l’habitude de s’aveugler pour mieux chanter ses louanges.

causalité

Les quatre grandes erreurs

Erreur de la confusion entre la cause et l’effet

I — Il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la raison. Néanmoins cette erreur fait partie des plus anciennes et des plus récentes habitudes de l’humanité : elle est même sanctifiée parmi nous, elle porte le nom de « religion », et de « morale ». Toute proposition que formule la religion et la morale renferme cette erreur ; les prêtres et les législateurs moraux sont les promoteurs de cette perversion de raison.

superstition

Le superstitieux, comparé au croyant, est toujours plus « personnel » que lui ; et une société superstitieuse sera celle où il y aura déjà beaucoup d’individus et du plaisir à tout ce qui est individuel. Considérée à ce point de vue, la superstition apparaît toujours comme un progrès par rapport à la foi et comme un signe annonçant que l’intellect devient plus indépendant et veut avoir ses droits.

homme

L’homme est une corde tendue entre l’animal et le Surhomme, une corde au-dessus d’un abîme.

action

Mais la pensée est une chose et l’action en est une autre, et une autre encore l’image de l’action. Entre elles ne passe pas la roue de la causalité.

réflexion

Mais le pire ce sont les pensées petites. En vérité, mieux vaut encore avoir fait du mal que d’avoir pensé petit !

mort

Mais même les superflus font encore les importants avec leur mort et même la noix la plus creuse veut qu’on la casse.

quotation

  Méfiez-vous des érudits ! Ils vous haïssent ; car ils sont infertiles ! Ils ont des yeux froids et desséchés, devant eux tout oiseau se retrouve déplumé.
  Il y en a qui bombent le torse parce qu’ils ne mentent pas : mais l’impuissance à mentir n’est pas encore, et loin de là, amour de la vérité. Soyez sur vos gardes !
  L’absence de fièvre cela n’est pas encore, et loin de là, de la connaissance ! Je ne crois pas aux esprits refroidis. Celui qui ne peut mentir ne sait pas ce qu’est la vérité.»

quotation

« Notre prochain, ce n’est pas notre voisin, c’est le voisin du voisin », ainsi pensent toutes les nations.

écriture

On entend, on ne cherche pas, on prend, on ne demande pas qui est celui qui donne ; comme un éclair une pensée jaillit, nécessaire, sans hésitation dans sa forme – je n’ai jamais eu un choix à faire.

vie éternelle

  Partout on entend la voix de ceux qui prêchent la mort : et la terre est pleine de ceux à qui il convient de prêcher la mort.
  Ou bien la « vie éternelle » : pour moi c’est la même chose -, pourvu seulement qu’ils y aillent bien vite.

philosophe

Peu à peu j’ai appris à discerner ce que toute grande philosophie a été jusqu’à ce jour : la confession de son auteur, des sortes de mémoires involontaires et qui n’étaient pas pris pour tels ; de même, j’ai reconnu que les intentions morales (ou immorales) constituaient le germe proprement dit de toute philosophie. De fait, si l’on veut comprendre ce qui a donné le jour aux affirmations métaphysiques les plus transcendantes d’un philosophe, on fera bien (et sagement) de se demander au préalable : à quelle morale veulent-elles (ou veut-il) en venir ? C’est pourquoi je ne crois pas que l’"instinct de la connaissance" soit le père de la philosophie, mais qu’un autre instinct, ici comme ailleurs, s’est servi de la connaissance (et de la méconnaissance) comme d’un simple instrument. Mais qui pénètre les instincts primordiaux de l’homme pour examiner dans quelle mesure ils se sont plu, dans ce domaine précis, à jouer le rôle de génies inspirateurs (ou de démons, ou de farfadets), celui-là s’apercevra qu’il n’en est pas un qui n’ait déjà philosophé, et que chacun d’entre eux n’aimerait rien tant que de se donner lui-même comme la fin ultime de l’existence et le maître légitime de tous les autres instincts. Car tout instinct aspire à la domination, et c’est en tant qu’instinct qu’il s’efforce de philosopher.

logique

Pour ce qui est de la superstition des logiciens, je ne me lasserai jamais de souligner un petit fait que ces esprits superstitieux ne reconnaissent pas volontiers : à savoir qu’une pensée se présente quand "elle" veut, et non pas quand "je veux" ; de sorte que c’est falsifier la réalité que de dire : le sujet "je" est la condition du prédicat "pense".

Dieu

Pourriez-vous créer un Dieu ? – alors cessez donc de parler des dieux quels qu’ils soient ! Mais vous pourriez, certes, créer le surhumain.

guerre

Quand la paix règne, l’homme belliqueux se fait la guerre à lui-même.

célébrité

Que d’hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller.

quotation

270. Que dit ta conscience ? — « Tu dois devenir celui que tu es. »

vérité

Qu’est-ce donc que la vérité ? Une multitude mouvante de métaphores, de métonymies, d’anthropomorphismes, bref une somme de relations humaines qui ont été rehaussées, transposées, et ornées par la poésie et par la rhétorique, et qui après un long usage paraissent établies, canoniques et contraignantes aux yeux d’un peuple : les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont […]

bonheur

Qu’est-ce qui est bon ? – Tout ce qui élève le sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance elle-même en l’homme.
Qu’est qui est mauvais ? – Tout ce qui provient de la faiblesse.
Qu’est-ce que le bonheur ? – Le sentiment que la puissance croît […].

quotation

238. Sans envie. — Il est tout à fait sans envie, mais il n’y a aucun mérite, car il veut conquérir un pays que jamais personne n’a possédé, à peine si quelqu’un l’a entrevu.

quotation

Seuls les être superficiels ne jugent pas d’après les apparences.

quotation

Si je ne découvre pas l’art alchimiste de transformer cette boue en or, je suis perdu.

quotation

  « Tâchez de ne rien vouloir au-delà de vos possibilités : il y a une terrible fausseté chez ceux qui veulent au-delà de leurs possibilités.
  Surtout, quand ils veulent de grandes choses, car ils incitent à la méfiance à l’égard de grandes choses, ces délicats faux-monnayeurs et comédiens :
  — jusqu’à ce qu’enfin ils soient faux à l’égard d’eux-mêmes, le regard louche, leur bois vermoulu repeint, drapés de paroles puissantes et de vertus d’exposition, d’œuvres brillantes et fausses.

vertu

Ton but suprême tu l’as placé au cœur de ces passions, alors elles sont devenues tes vertus et tes joies.

solitude

Toujours pour l’ermite l’ami est le tiers : le tiers est le bouchon qui empêche la conversation de ces deux-là de sombrer dans les profondeurs !

liberté

Tous les hommes se divisent, et en tout temps et de nos jours, en esclaves et libres ; car celui qui n’a pas les deux tiers de sa journée pour lui-même est esclave, qu’il soit d’ailleurs ce qu’il veut : politique, marchand, fonctionnaire, érudit.

conviction

Toute conviction est une prison.

quotation

Toute philosophie dissimule aussi une philosophie ; toute opinion est aussi une cachette, toute parole aussi un masque.

quotation

Toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses les unes des autres.

savoir

Une fois pour toutes, il y a beaucoup de choses que je ne veux point savoir. La sagesse trace des limites, même à la connaissance.

normalité

« Uniforme », appelle-t-on ce qu’ils portent : puisse ne pas être uni-forme ce qu’ils cachent en dessous !

Dieu

  Un jour le diable me parla ainsi : « Dieu aussi a son enfer : c’est son amour pour les hommes. »
  Et il y a peu, je l’entendis dire ce mot : « Dieu est mort, Dieu est mort de sa compassion pour les hommes. »