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Œuvre "Pe culmile Disperari/ Sur les cimes du désespoir" : 14 résultats (sur 3386 citations)

savoir

Avoir une conscience toujours en éveil, redéfinir sans cesse son rapport au monde, vivre dans la perpétuelle tension de la connaissance, cela revient à être perdu pour la vie. Le savoir est un fléau, et la conscience une plaie ouverte au cœur de la vie.

mort

C’est le propre des gens normaux que de considérer la mort comme surgissant de l’extérieur, et non comme une fatalité inhérente à l’être. L’une des plus grandes illusions consiste à oublier que la vie est captive de la mort.

obsession

Je n’ai pas d’idées – mais des obsessions. Des idées, n’importe qui peut en avoir. Jamais les idées n’ont provoqué l’effondrement de qui que ce soit.

espoir

Je ne sais pas si je suis désespéré, car l’absence de tout espoir n’est pas forcément le désespoir.

savoir

La connaissance à petite dose enchante ; à forte dose, elle déçoit. Plus on en sait, moins on veut en savoir. Car celui qui n’a pas souffert de la connaissance n’aura rien connu.

savoir

La connaissance se confond avec les ténèbres. Je renoncerais volontiers à tous les problèmes sans issue en échange d’une douce et inconsciente naïveté. L’esprit n’élève pas : il déchire.

création

La création est une préservation temporaire des griffes de la mort.

vie

Le fait que j’existe prouve que le monde n’a pas de sens.

folie

Le pressentiment de la folie se double de la peur de la lucidité dans la folie, la peur des moments de retour à soi, où l’intuition du désastre risque d’engendrer une folie. On aimerait le chaos, mais on a peur de ses lumières.

vie

Non seulement la vie n’a aucun sens, mais elle ne peut pas en avoir un.

vie

Or, puisqu’il n’y a de statut ni dans l’existence, ni dans le néant, que crèvent donc ce monde et ses lois éternelles !

paresse

Pour éveiller le monde, il faut exalter la paresse. C’est que le paresseux a infiniment plus de sens métaphysique que l’agité.

infini

Tous ceux que fascine l’infini ne se trouvent-ils pas sur le chemin du délire ?

réflexion

Une constatation que je peux vérifier, à mon grand regret, à chaque instant : seuls sont heureux ceux qui ne pensent jamais, autrement dit ceux qui ne pensent que le strict minimum nécessaire pour vivre. La vraie pensée ressemble, elle, à un démon qui trouble les sources de la vie, ou bien à une maladie qui en affecte les racines mêmes. Penser à tout moment, se poser des problèmes capitaux à tout bout de champ et éprouver un doute permanent quant à son destin, être fatigué de vivre, épuisé par ses pensées et par sa propre existence au-delà de toute limite, laisser derrière soi une traînée de sang et de fumée comme symbole du drame et de la mort de son être – c’est être malheureux au point que le problème de la pensée vous donne envie de vomir et que la réflexion vous apparaît comme une damnation. Trop de choses sont à regretter. Ainsi, je me demande si ce monde mérite réellement mon regret.